Glissez
No more heroes
Léa est une vieille punk, Rémi un vieux hippie, Tonton un ancien forain, Kiki une Ma' Daltone aux cheveux roses, et Galak, leur caniche. Ils vivent tous ensemble de rires, de drogues et d'amour vache. Un jour, Kiki fait un AVC, la précipitant dans la dépendance et obligeant sa fille à la prendre en charge, elle qui n'arrive déjà pas à prendre soin d'elle. Cette famille, c'est la mienne. No more heroes donne à voir le récit d'une tribu qui essaie de tenir debout face au monde.
Film documentaire en cours de production, produit par Ninon Chapuis et Simon Ingaelere.





Des blondes pour Hollywood
"L’exposition s’ouvre sur un geste d’incarnation : un autoportrait dans lequel l’artiste se grime en Marilyn Monroe. Ce geste engage un déplacement : celui d’un corps qui se confronte à une image déjà constituée, archétype de la féminité. Réalisée en photogravure et composée de plusieurs panneaux assemblés, l’image joue du trouble entre apparition de l’icône et présence de l’artiste. À ses côtés, des photographies d’adolescence rappellent combien cette histoire, celle de la construction de soi, est façonnée et alimentée très tôt par les images et les représentations du féminin. À partir de ce constat, l’exposition se déploie comme une déambulation entre plusieurs incarnations de la féminité. Les blondes d’Hollywood d’abord, ces actrices issues du système des studios américains de l’après-Marilyn, que l’industrie cherche à reproduire selon un même modèle de femme glamour, blonde, spectaculaire et interchangeable qui ont été ensuite absorbées puis effacées par ce même système. Certaines furent célébrées, d’autres oubliées, toutes confrontées à la violence d’un système qui les a objectifiées et considérées comme des modèles duplicables. À travers des photogravures réalisées à partir d’archives, Zoé Bernardi réactive leurs présences et leur redonne puissance. En superposant des images de leur jeunesse à des images d’elles dans leur vieillesse, elle fait apparaître des figures mouvantes, traversées par le temps. Les visages se dédoublent, se troublent, résistent à la fixité de l’icône. Elles deviennent chimères. Derrière le mythe réapparaissent des trajectoires singulières, des femmes qui continuent d’exister malgré les récits qui ont tenté de les réduire à une image." Texte de Marilou Thirache, commissaire de l'exposition I wanna be loved by you à la galerie Mennour du 10 juin au 25 juillet 2026.
Ensemble de pièces pour l'exposition I wanna be loved by you. Détail : Gentlemen prefer blonds, photogravure, 120x80 cm, 2026. Des blondes pour Hollywood, ensemble de photogravures, 29,7x21cm, 2026.






La nuit des Divas
"Pour l’exposition « L’heure bleue », elle présente La Nuit des Divas, accompagné du Calendrier des Divas, dédié à la communauté des travesties en France. Ce projet prend racine dans une rencontre fortuite avec Blanche, une femme travestie au début de son parcours d’affirmation. De cet échange naissent des amitiés profondes et une immersion dans un univers peu documenté, où l’identité se façonne dans l’entre-deux, à la croisée des genres et des représentations sociales. Elle s’intéresse aux trajectoires de ces femmes qui évoluent dans des sphères où leur identité travestie demeure souvent dissimulée." Texte de Marilou Thirache pour L'Heure Bleue, 2025. La nuit des Divas fait partie de la collection du Fond d'art contemporain de Paris.
Vues d'exposition, 2025. © Galerie Kamel Mennour. Installation multimédia, deux écrans, calendrier mural A3, canapé rose, phonogrammes et extrait vidéo.






2011
En 2011, j'ai 11 ans. En 2011, aux yeux de tous, je deviens une femme et deviens soudainement visible dans l'espace publique. Je me mets à performer une féminité aussi maladroite qu'enfantine. Sur trois écrans défilent une sélection d'archives datant tous de la même année. Devant un écran d'apparence blanc, pend un pendentif en cristal : une fois derrière lui, il nous est dévoilé une image troublante de moi déguisée en playmate, vêtue de lingerie et d'oreilles de lapine. Derrière le cristal, le spectateur se fait confident et voyeur.
2011, 2026 4 cadres photos numérique, 1 écran dépolarisant, 1 baguette de plexiglas couverte de polarisant



SOMETHING BETTER CHANGE
SOMETHING BETTER CHANGE est un livre photographique donnant à voir six années de cohabitation tendre et punk, à paraître aux éditions Loco. Il est actuellement disponible en pré-vente avec des contreparties inédites, à livre.zoebernardi.com.
Mockup, livre photographique, 2024, 29,7 x 42 cm, 136 pages.




Camouflage
Dans « Camouflages », série réalisée à partir de plaques de verre photographiques , l'artiste se figure avec sa mère et sa grand-mère. Chaque image repose sur un léger déplacement : un accessoire, un attribut, un détail suffisent à troubler la lecture du visage. Les identités deviennent instables, les signes de genre circulent d’une figure à l’autre, tandis que les reflets et la transparence du verre empêchent toute saisie définitive. Les corps apparaissent comme des constructions mouvantes, irréductibles aux catégories qui cherchent à les fixer.
Étagère avec 16 photos sur panneau de verre insérées, loupe, papier calque.





Le métier de vivre
Le métier de vivre est une vidéo tirée d'une performance de modèle vivant. À trois, l'artiste, sa mère et sa grand-mère posent nues devant des dessinateurs, fusionnant à mesure que les crayons tracent, et que les corps se pressent.
Le métier de vivre, 2m50, 2026.




Tonsures
Installation pour l'exposition Nouveaux Hérauts, dont le commissariat a été assuré par Audrey Illouz au Centre Culturel Jean Cocteau. Extrait du texte écrit par Audrey Illouz et Luca Avanzini à l’occasion de l’exposition Nouveaux Hérauts, 2023. : « Dans ses photographies de la série Tondue, l’artiste part de l’expérience de la tonte de cheveux à laquelle elle s’est livrée mutuellement avec son père. Le rituel viril est ici détourné et le crâne rasé se charge de multiples connotations identitaires et historiques. L’artiste réalise d’autres tontes sur d’autres sujets : l’acte devient tendre et se transforme en rituel de soin. Le crâne mis à nu se fait membrane poreuse entre intériorité et extériorité. »
Photographies, vidéo, texte pyrogravé sur un paravent en bois





PLAYLISTS
De même, dans son installation audiovisuelle Playlists (2024), Zoé orchestre la rencontre entre les existences des membres de son clan et celles des publics. Sur trois petits écrans, disposés sur une cimaise recouverte de papier peint rouge, on découvre sa mère Léa, une « punk », son père Radis, un « vieux freaks », son beau-père Tonton, « un ancien forain », sa grand-mère Kiki et son chien Galak « deux crapules aux cheveux roses », et Pupuce, « le chat de la bande». Chaque protagoniste danse devant la caméra de Zoé, devenue depuis le confinement l’opératrice et témouine privilégiée de leur vie. Associé à chaque moniteur, un dispositif sonore diffuse des chansons chères aux protagonistes –Twenty Small Cigars de Frank Zappa (1970), Jamming de Bob Marley (1977), Let's Groove du groupe Earth, Wind and Fire (1981). Les références sont intimes, et évoquent un « héritage immatériel transgénérationnel ». Les trois bandes-son se contaminent dans un tumulte fascinant. La couleur du papier peint n’est pas non plus laissée au hasard : celle-ci se réfère à la fois à sa présence prééminente dans le domicile familial parisien et à « un caractère furieux qui leur va bien ». Léa Pagnier pour le 69ème Salon de Montrouge.
Installation sonore et vidéo, 2024.





Pratiques du quotidien
Pratiques du quotidien est une tentative d’inventaire des gestes qui rythment la vie de ma tribu. Ballet d’objet d’objets et de main, la vidéo a été tournée en 35mm, fusionnant le moment du montage avec celui de la prise de vue. Forme d’atlas, il continue l’exercice de collection des étranges coutumes que pratiquent ma tribu (mettre six sucres dans son café, rouler des pétards, faire inlassablement le ménage...) en prenant le parti d’une approche formelle.
Support numérique, vidéo analogique 35mm, 2025.





