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Maman ou l'Intimité, photographie argentique, 2018.

"Nous avons tous des mots fondateurs, ce sont eux qui nous parlent. Ils forment la colonne vertébrale de notre identité, plus ou moins branlante. Quand mes mots s'essouflent, les images viennent prendre le relais. Ce recueil a donc une double fonction : une biographique, puisqu'il donne forme et donc ferme une époque de ma vie, et une fonction d'ouverture. Car c'est toujours du passé qu'on parle de l'avenir, il me permet de poser les bases des questionnements probablement insolubles : que vaut-il la peine d'être dit ? Comment le dire ? Puisque "les limites de mon langage signifient les limites de mon propre monde", mes recherches plastiques passées et à venir formeront la quête d'une communication, d'un langage primal qui nous permettrait de dépasser ces rapports de pouvoir, qui nous donnerait à tous les outils pour parler. Ces photos sont toutes nées de la nécessité de trouver les mots fondateurs de ces êtres qui ont traversé ma vie, pour pouvoir se débarrasser de leur écho lointain, mais aussi pour en avoir une conscience plus précise dans ma vie adulte à venir. Qu'on lise dans chaque portrait : "Quel que soit notre sort, c'est nous qui l'avons fait et nous ne le regretterons pas".
Zoé Bernardi, extrait de la préface.

Adagio dans ma chambre, page 7.
Pensée, page 30.
Tallulah et les cadres vides, page 31.
Loren, Marie et Bertrand, PMU, page 43.
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