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L'origine est sociale, la finalité artistique, et l'intention révolutionnaire.

Née en 2000 et vivant à Paris, Zoé Bernardi utilise son corps et sa vie comme outil pour appréhender l'autre. À la manière d'une antenne vivante, elle se fait réceptacle des expériences que les gens lui offrent, tout en tentant de leur conférer une forme; comme le dit le metteur en scène Pippo Delbono, «Tout entre en moi, tout me perfore».

En utilisant la narration comme potentiel de fiction sans jamais y succomber complètement, Zoé Bernardi joue avec la limite entre fiction et réalité. La question de la représentation de soi tient une place centrale dans son œuvre, questionnant ainsi le glissement de la vie publique à la vie intime, de la maîtrise à la perte de contrôle, de la figure au visage, puisant ses sujets dans la famille, le BDSM, la philosophie de Levinas, Jonas Mekas ou encore Rineke Djisktra... Il s'agit de confronter la chair au kitsch afin d'en ressentir, par jeu de contraste, les enjeux colossaux. Le protocole en tant qu'il permet une distanciation analytique est fondamental.

« La beauté nouvelle sera de situation, c’est-à-dire provisoire et vécue », Guy Debord.

S’il est communément admis que la photo est lutte, perdue d’avance, contre l’oubli, c’est de l’avenir Zoé Bernardi veut parler. Les situations mises en place prennent alors l'allure de prophéties auto-réalisatrices qui annoncent l'avènement de notre société spectaculaire. Ainsi, on la retrouve fréquemment nue, à performer, dessiner, photographier ou filmer de parfaits inconnus ou sa famille la plus viscéralement proche, à modeler leur intimité brûlante, qu'elle traite de la maladie, du sexe, du courage ou de la lâcheté, du succès ou de l’échec. En se confrontant à l'autre, elle engage une relation au-delà du verbe, une relation politique, artistique et humaine, une relation au-delà du contrôle.

Expositions collectives

Publications

Études

Portrait photo de Zoé Bernardi
Crédit photographie Patrick Cockpit.